Le Libre Accès pour les nuls (Billet N°3)

Que déposer dans une archive ouverte?

 Le libre accès a pour but premier, de donner accès à toute la littérature scientifique qui se trouve dans tous les périodiques avec peer review du monde et à laquelle la majorité des chercheurs n’a pas accès. Donc, il s’agit de déposer le « double » d‘un article publié : c’est la dernière version d’un article accepté (contrôlé par les pairs). Comme c’est une version qui appartient encore à l’auteur, on parle de « post-print d’auteur » pour bien faire la différence avec le « post-print » qui peut appartenir à l’éditeur.
D’autres dépôts peuvent être envisagés (thèses, rapports, etc.) ainsi que des pre-prints (articles avant acceptation) mais c’est secondaire.
Enfin et surtout, il ne s’agit pas de remplir les cases des métadonnées d’un article sans mettre le texte intégral!

Quand déposer ?

 Il faut déposer immédiatement après acceptation. Suivant le statut de la publication, son accès peut être immédiatement libre ou différé après une période d’embargo. L’article peut rester en accès clos à l’intérieur de l’archive pendant le temps requis. Comme les métadonnées sont visibles, il est possible aux chercheurs grâce à un module (Fair Dealing Button) de recevoir des demandes de TAP et de les envoyer. Voir les explications à http://eprints.ecs.soton.ac.uk/18511)

Où déposer ?

 En France nous avons une archive centrale HAL, d’une excellente qualité qui peut éviter bien des soucis à toutes les universités qui ne veulent pas se lancer seules dans la gestion d’une archive. Le dépôt des articles se fait dans HAL qui vous restitue « votre bien » sous forme de portail personnalisé.

Mais si votre organisme peut s’investir dans le libre accès, une archive institutionnelle est la meilleure solution car l’autonomie permet un aboutissement plus rapide de tous les projets. Il est évident que la teneur de cette archive insitutionnelle doit être reversée dans HAL, même s’il y a pour l’instant des difficultés techniques. Il est plus facile aux responsables de gérer une archive institutionnelle. Ils peuvent s’appuyer sur le modèle de Liège pour obtenir rapidement, grâce un mandat, des publications archivées à 100%. L’autonomie est aussi d’un point de vue technique : on peut par exemple mettre en place le Fair Dealing Button qui n’existe pas encore dans HAL.

Il ne s’agit pas de perdre du temps et de l’argent en faisant faire et en improvisant un logiciel. E-prints et Dspace sont 2 logiciels libres qui ont été créés en 2000 et ils ont fait leurs preuves. Ce sont les deux logiciels les plus utilisés dans le monde. De ce fait on peut trouver un support permanent grâce aux équipes qui les ont mis au point (University of Southampton) et à la communauté des utilisateurs. Pour E-prints voir http://www.eprints.org/.Il y a un tutorial très efficace pour tous les usagers potentiels. Voir à http://www.eprints.org/software/training/. Enfin et surtout il y a une évolution et amélioration constante des versions, au fur et à mesure des besoins et techniques. Pour DSpace voir :http://www.dspace.org/

Il ne faut pas dire systématiquement, qu’une archive institutionnelle coûterait cher : cela doit être étudié par rapport à ce qu’on peut faire dans son université et ce qu’on attend d’une archive…
Pour avoir une idée des coûts voir le message de Leslie Carr à Southampton, concernant une archive sous E-prints, en 2007: http://listserver.sigmaxi.org/sc/wa.exe?A2=ind07&L=american-scientist-open-access-forum&D=1&O=D&F=l&S=&P=115723

Le calcul doit se faire aussi en termes du coût par item déposé : plus on dépose, moins ça coûte par article. En calculant les frais d’une archive institutionnelle il faut tenir compte aussi que l’archive a plusieurs fonctions, l’OA n’en est qu’une.

Hélène Bosc

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